mercredi 29 août 2007

Les dix petits nègres

Lu ce soir sur lemonde.fr :

« Le cabinet de la ministre de la justice, Rachida Dati, n’a pas fini de tanguer. Après le départ en juillet de son directeur de cabinet, Michel Dobkine, et de trois magistrats recrutés comme conseillers, c’est au tour de Michel Marquer, successeur de M. Dobkine, de partir. »
Voilà, et de cinq ! Mais quelle mystérieuse mouche pique, les uns après les autres, les collaborateurs de notre Garde des Sceaux (qui pourtant n’a pas une tête à faire mal à une mouche) pour les faire quitter précipitamment la place Vendôme ? Un véritable suspense s’installe au ministère de la justice comme, meurtres en moins, dans les Dix petits nègres d’Agatha Christie. À qui le tour ? Rachida elle-même ? Car, à l’instar du Meurtre de Roger Ackroyd où l’assassin, contre toute attente, est le narrateur, le coupable du ministère de la justice n’est peut-être pas celle que l’on croit.

dimanche 26 août 2007

Les pages du dictionnaire : solution

Notre dictionnaire de l’humour comporte 1231 pages.

En effet, de la page 1 à la page 9, il faut 9 caractères d’imprimerie, de la page 10 à la page 99, il faut 90 x 2 = 180 caractères, de la page 100 à la page 999, il faut 3 x 900 caractères, de la page 1000 à la page 9999, il faut 4 x 9000 caractères etc…
Jusqu’à la page 999, il faut donc 9 + 180 + 2700 caractères soit 2.889 caractères. Il manque donc pour notre dictionnaire 3817 - 2889 = 928 caractères pour des pages à 4 caractères soit 928/4 = 232 pages qui ajoutées aux 999 donnent les 1231 pages du dictionnaire.

vendredi 17 août 2007

Une filiation difficile : solution

À Chamonix, puisque Jacques est le plus jeune des trois garçons.

En effet, en l’absence de divorce:
Monsieur A et Madame B ont un fils Paul
Monsieur C et Madame D ont un fils Pierre
Monsieur A et Madame D, frère et soeur, décèdent
Monsieur C épouse en seconde noce Madame B et ont un fils, Jacques qui est forcément le plus jeune des trois garçons.

samedi 11 août 2007

Les pages du dictionnaire


Voici encore un petit casse-tête estival, histoire d’exciter un peu les neurones et en particulier ceux qui sont en train de prendre leurs vacances, les synapses en éventail.

Soit un dictionnaire de l’humour et de la fantaisie dont la pagination a nécessité 3817 caractères. Combien comporte-t-il de pages ?


Solution dans une prochaine note

mardi 7 août 2007

mercredi 1 août 2007

Une filiation difficile (énigme)

Voici une énigme de facture personnelle qui ne se veut pas énervante. Enfin j’espère…

Pierre, Paul et Jacques sont trois jeunes hommes beaux, riches et intelligents, nés de mariages parfaitement légitimes. Pierre habite à Montpellier dans un vieil atelier d’artiste tout près de la place de la Comédie, Paul près de Bordeaux dans une villa avec jardin à deux pas de l’estuaire girondin et Jacques, le grand montagnard de la famille, à Chamonix.
• Pierre et Jacques sont les seuls fils de leur père.
• La tante de Pierre est la mère de Paul et de Jacques.
• Pierre et Paul n’ont pas la même grand-mère maternelle.
Sachant qu’il ne s’est produit aucun divorce parmi les protagonistes de l’histoire, où habite le plus jeune des trois garçons?

Solutions prochainement.

vendredi 27 juillet 2007

Mots croisés (3)


Des mots croisés à imprimer et à résoudre sur la plage mais cette fois, vous ne vous contenterez pas de quelques définitions mais d’une grille complète (toujours de mon cru). Cela n’en sera que plus fastoche. Résultats dans une prochaine note. Bon remue-méninges !

lundi 23 juillet 2007

Humour au (septième) ciel

Un commandant de bord doit-il à tout prix, quand il s’adresse à ses passagers, parler comme un monstre froid, avec un débit rapide, en mangeant la moitié de ses mots, sur un ton monocorde de pur technicien-jouant-le-rôle-de-père-protecteur et surtout sans exprimer la moindre touche personnelle. C’est la question que je me suis posée hier alors que je me trouvais dans un appareil d’Air France quelque part au-dessus des Alpes suisses entre Gênes et Paris ? Comme beaucoup d’entre vous, j’ai souvent voyagé en avion et donc écouté la voix d’autant de commandants de bord et cependant, parmi toutes ces voix conventionnelles, impersonnelles et parfaitement interchangeables de pilotes de ligne, je me souviens une fois être tombé sur une qui sortait nettement du lot. Cette voix était chaleureuse, elle prononçait les mots tranquillement avec un souci d’intelligibilité, elle chantonnait carrément et surtout l’homme qui l’utilisait prenait la peine de mettre une note d’humour dans son discours technique, que ce soit à propos de la météo, des fameuses turbulences ou de ce que l’on a coutume d’appeler à tort les trous d’air. Ce commandant de bord, à l’évidence, aimait son métier et ses passagers, et il ne donnait pas l’impression de transporter du bétail(*). Croyez-vous que les autres passagers et moi-même l’aient jugé incompétent pour autant ? Bien au contraire, il nous inspirait encore davantage confiance et, grâce à lui, les plus peureux d’entre nous reprenaient des couleurs.

A propos de rire et de commandant de bord, voici une anecdote savoureuse qui m’a été rapportée par un ami. Alors que celui-ci se trouve dans un avion, le commandant de bord se présente par son nom qui n’est autre que de Funès puisqu’il est le fils de notre grand comique national qui joua le Gendarme de Saint-Tropez. Mais à peine ont-ils entendu son nom que tous les passagers, à l’unisson, partent dans un éclat de rire général.

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(*)Dans le langage des pilotes et copilotes, les hôtesses de l’air et les stewards s’appellent, paraît-il, la poulaille !

samedi 14 juillet 2007

L'humour de Kurt Elling

En voilà un au moins qui ne se la pète pas ! Kurt Elling, l’une des plus grandes figures du jazz vocal actuel, swingueur hors pair considéré par le San Francisco Chronicle, comme “le chanteur jazz le plus créatif et le plus flamboyant des dix dernières années”, resplendit sur scène par sa voix baryton de velours qui, sur quatre octaves, exprime et communique une émotion inouïe, par sa technique vocale qui vous donne l’illusion d’entendre un véritable instrument (il va jusqu’à imiter le saxo de John Coltrane, la contrebasse de Charlie Haden ou des envolées aiguës de guitare électrique), par sa créativité dans sa manière de reprendre des standards de Sinatra, Fred Astaire et Dean Martin et de mettre ses propres paroles et sa propre émotion sur des improvisations de Keith Jarrett ou Dexter Gordon, de se lancer a capella enfin ou de vous offrir en français s’il vous plaît ! la chanson de Jean Sablon « Je tire ma révérence » accompagné seulement de la contrebasse.
Mais ce qui frappe tout autant chez ce presque quadragénaire cultivé natif de Chicago qui se destinait d’abord au professorat de philosophie, c’est le charisme et surtout l’humour, un humour toujours présent qui teinte littéralement le personnage dans la masse autant par sa façon de ne pas se prendre au sérieux sur scène que par ses clins d’œil à son public transporté, ses reprises parfois parodiques des grands classiques des crooners américains et sa manière de surprendre ceux qui l’écoutent. Kurt Elling ne va-t-il pas jusqu’à glisser avec malice dans la langue de Molière, entre deux improvisations elles-mêmes humoristiques de ses musiciens qui valent le déplacement à eux tous seuls (l’incroyable pianiste Laurence Hobgood, le précis et percutant contrebassiste Ron Amster et le batteur tout en nuance et en souplesse Willie Jones) des aphorismes tirés de La Fontaine, Voltaire et Rousseau dont la présence incongrue dans le spectacle vous fait mourir de rire.
Rien à voir avec Keith Jarrett, tout aussi génial mais dans un autre genre, qui ignore superbement le public et se livre, dos tourné, à d’extraordinaires improvisations au piano avec une rigueur monacale et une précision arithmétique (ce qui n’enlève rien à son génie) tout en exigeant du public une écoute religieuse qui n’admet pas la moindre toux d’un spectateur.
Bref le talent immense, l’émotion, le romantisme, la tendresse, l’élégance et puis l’humour ! La classe quoi ! Chapeau Monsieur Kurt Elling !

lundi 9 juillet 2007

Aphorismes

Pour avoir le moral, il me suffit de voir un cul-de-jatte.

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Être libre, c’est être nu. Oui, mais être nu place de la Concorde, c’est avoir la certitude de se trouver, dans les plus brefs délais, derrière les barreaux.

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Aphorismes personnels in Aphorismes de comptoir, Ed. L’Adret-1999

jeudi 5 juillet 2007

Rire de tout

Pierre Desproges disait qu’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui. Sans doute. Faire rire de tout en revanche me semble autrement plus difficile et n’est pas donné à tout le monde. À moins d’être toujours inspiré y compris pas des événements ou des comportements qui habituellement nous font pleurer. Pour cela, il faut beaucoup de doigté, encore plus d’esprit, énormément de recul, un zeste de méchanceté, un gros fond de vérité, le tout cachant une bonne dose de générosité. Cela donne, si je ne me trompe pas, l’humour noir.

dimanche 1 juillet 2007

Insultes

Sur le blog d’Helen Faradji, ancienne critique de cinéma québécoise, Arrête ton cinéma ! (*), on trouve, provenant parfois de femmes, quelques phrases assassines et sexistes qui ont la particularité d’avoir été proférées par des célébrités sur d’autres célébrités.

Exemples :

«Elle est capable d’exprimer toute la gamme des émotions, de A à B.»
(L’actrice Dorothy Parker, à propos de Katharine Hepburn)

«On dirait un aspirateur avec des mamelons.»
(Otto Preminger, à propos de Marilyn Monroe)

«J’ai toujours su que Frank se retrouverait au lit avec un garçon.»
(Ava Gardner, à propos du mariage de Frank Sinatra avec Mia Farrow)

Au moins ces citations ont-elles l’avantage de ne pas manquer d’humour, à la différence de la phrase volée, on ne peut plus directe et sans esprit, de Patrick Devedjian traitant Anne-Marie Comparini de salope, une phrase prononcée pourtant avec un sourire tordu.

Qu’on se le dise, les célébrités et les hommes politiques ont intérêt à faire attention une fois pour toute aux murs qui ont des oreilles et des caméras. Dire qu’à deux siècles près, on aurait pu voir sur Dailymotion Napoléon lancer le 28 janvier 1809 à son grand chambellan Talleyrand soupçonné de trahison : « Vous êtes de la merde dans un bas de soie ! ».

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(*) http://www.arretetoncinema.blogspot.com/

jeudi 28 juin 2007

Messe en latin

Benoît XVI s’apprêterait à autoriser dans quelques jours la célébration de la messe en latin selon une dépêche publiée ce soir sur lemonde.fr. Voilà qui me réjouit mais pas pour les mêmes raisons que le successeur actuel de Saint Pierre. En tout cas, grâce à cette décision papale, la religion catholique devrait, à mes yeux, reprendre du poil de la bête et les églises désertées se remplir enfin à nouveau et à la vitesse grand V, s’il vous plaît !

Je vous renvoie, pour connaître les clefs de mon allégresse, à l’aphorisme personnel qui suit, publié sur ce même blog en mars dernier, et que je ne résiste pas à vous resservir.

Lorsque la messe était dite en latin, les églises étaient bondées, la curiosité des fidèles étant sans cesse aiguisée pour déchiffrer un peu plus, le dimanche suivant, le charabia qui faisait l’essence de leurs prières.

Et puis, mécréant pour mécréant, je vous livre un autre aphorisme perso qui risque bien de me faire attirer les foudres benoîtes ou barbarines et me faire accuser de sacrilège.

Qu’on le veuille ou non, la Vierge Marie, avec ses airs de ne pas y toucher, a bel et bien fait un môme dans le dos de Saint Joseph.

lundi 25 juin 2007

Particules élémentaires

Sur Canal Académie, la première radio académique francophone sur Internet, Jean Staune un homme éminent et polyvalent, diplômé en paléontologie, mathématique, informatique, gestion, sciences politiques et économiques et, par-dessus le marché, enseignant en philosophie des sciences nous parle avec passion et clarté des idées qu’il développe dans son livre L’existence a-t-elle un sens ? C’est passionnant.
Il cite notamment une phrase prononcée par Sir Arthur Stanley Eddington (1882-1944), l’un des plus grands scientifiques du début du XXe siècle et le plus grand spécialiste de la relativité après Einstein : « Depuis 1927, un homme intelligent peut de nouveau croire en l’existence de Dieu. ». Or que s’est-il passé en 1927 ? Jean Staune nous apprend que c’était l’année de la synthèse de la mécanique quantique tout en précisant que, si la mécanique quantique ne démontre rien à propos de l’existence de Dieu, elle a permis de découvrir deux choses extraordinaires. Primo qu’il y a un autre niveau de réalité c’est-à-dire qu’il y a quelque chose qui est au delà du temps, de l’espace, de l’énergie et de la matière, le spécialiste glissant au passage, pour donner un exemple, que les processus fondamentaux qui régissent les particules élémentaires ne sont ni dans l’espace ni dans le temps. Deuzio, qu’à partir du moment où la mécanique quantique montre qu’il y a une incertitude fondamentale et non pas un déterminisme dans les processus de la nature, l’idée qu’il y ait des interventions extérieures au système dans le système sans violer les lois du système n’est pas a priori absurde.
C’est une catastrophe ! Si l’existence et notre Univers ont un sens, l’humour en aura-t-il encore ?

jeudi 21 juin 2007

Rire ethnique

Il est intéressant de constater que les ethnologues et les anthropologues, beaucoup plus préoccupés par l’organisation sociale, économique, idéologique ou politique d’un groupe ou d’une peuplade, se sont généralement peu intéressés au comique, au rire, aux plaisanteries et à l’humour des groupes ethniques qu’ils ont étudiés, alors que le rire semble représenter un mécanise de défense indispensable à l’équilibre psychique et mental du groupe à travers le jeu et la transgression.
Il est non moins intéressant d’apprendre que la sexualité est un objet risible universel, un invariant retrouvé quelles que soient les cultures, primitives ou non, au même titre que le pouvoir ou tout ce qui symbolise l’autorité, l’excentricité ou la déviance par rapport aux normes sociales, le langage et l’étranger au groupe des rieurs. C’est ainsi -et ce n'est pas un mince paradoxe-, alors que la sexualité n’est plus tabou et que le porno est présent un peu partout dans nos sociétés modernes, que les blagues cochonnes nous font toujours rire autant.

lundi 18 juin 2007

Gliese 581c

Attendu que :
• Dans notre horizon cosmologique, c’est-à-dire dans la sphère apparente au delà de laquelle il nous est impossible d’observer quoi que ce soit, il existerait 100 milliards de galaxies soit à peu près 10.000 milliards de milliards d’étoiles, autant d’autres mondes que l’homme pourrait étudier s’il en avait les moyens technologiques,
• qu’il y a, par conséquent, un nombre incalculable d’autres sphères trop lointaines remplies d’autant de milliards de milliards d’étoiles qui échapperont toujours à notre observation,
• qu’on vient de découvrir Gliese 581c, une exoplanète située dans la zone habitable d’une étoile de notre galaxie où il régnerait une température agréable de 20° et surtout où l’eau existerait à l’état liquide,
• que cette découverte extraordinaire nous donne la certitude statistique qu’il y a des milliards de planètes ressemblant plus ou moins à la Terre dans notre galaxie,
• que les chances de la présence d’une forme de vie ne serait-ce que sous forme biochimique ou bactérienne ne sont pas nulles,
• qu’on ne peut exclure, dans ces conditions, qu’il y ait quelque part dans l’Univers, y compris au delà de notre galaxie visible, des êtres vivants doués de conscience et peut-être même civilisés,

je me demande, dans cette dernière hypothèse, si ces êtres vivants, au moins sur certaines planètes et pour certains d’entre eux, sont doués du sens de l’humour comme c’est le cas sur Terre ou, pour le dire autrement, si l’humour est le propre du Terrien et seulement du Terrien. Cela m’amène tout naturellement à me poser une autre question : la Terre et le monde seraient-ils ce qu’ils sont si le Terrien n’avait jamais eu le sens de l’humour ?

jeudi 14 juin 2007

Caca-Boudin

À propos de l’expression enfantine Caca-Boudin dans laquelle il voit une « tranquille et surprenante » proximité de l’analité et de l’oralité, une représentation phallique (pénis noir ou blanc) ainsi que l’association de deux formes de sadisme, celui de la phase sadique anale et celui de la phase sadique orale cannibalique, le professeur Michel Soulé, psychanalyste et pédopsychiatre, a écrit dans l’un des chapitres de son livre La vie de l’enfant (Erès): « La locution Caca-Boudin recèle donc une valeur incantatoire qui permet de conjurer les angoisses que suscitent ces deux sadismes conjoints. ». Et il ajoute plus loin : « On peut dire que c’est un bon indicateur de santé mentale pour un enfant donné et pour une famille donnée lorsque ce genre de jeu de mots peut circuler. L’enfant montre qu’il peut désormais maîtriser ses peurs archaïques…Il montre qu’il est capable de faire des jeux de mots sur ses propres peurs et émois et qu’il n’est pas loin finalement de ce que Freud décrit dans l’humour. »
Ça vous en bouche un coin, non ?

lundi 11 juin 2007

L'humour de James Bond

Prenons un James Bond au hasard, Vivre et laisser mourir, par exemple, le premier film où Roger Moore joua le rôle de 007. Dans ce film tourné en 1973, outre des scènes classiquement “bondiennes” dans lesquelles le héros sort immanquablement vainqueur de bagarres l’opposant tout seul et sans armes à une dizaine de malabars pourtant armés jusqu’aux dents et se joue de tous les pièges dans des courses-poursuites époustouflantes, le tout en complet veston dans lequel se cachent mille et un gadgets électroniques sans que ceux-ci ne provoquent le moindre pli au tissu, la scène des crocodiles m’a semblé particulièrement humoristique. De quoi s’agit-il ? James Bond, amené dans une ferme par des malfrats qui veulent en finir avec lui, se retrouve sur une pierre plate d’environ deux mètres de diamètre entourée d’eau et émergeant à peine d’une vaste mare où fourmillent une bonne dizaine de crocodiles affamés et attirés par d’énormes quartiers de viande posés aux pieds de l’agent secret ! La situation ne peut être plus désespérée et pourtant James Bond s’en tire sans problème et sans la moindre égratignure alors que certains crocodiles ont déjà grimpé sur la pierre et sont à quelques centimètres de ses jambes, tout simplement en regagnant la rive par une marche tranquille sur la tête des reptiles qui sont encore dans l’eau exactement comme s’il avait marché sur des cailloux en traversant un ruisseau pour ne pas se mouiller les pieds ! Voilà le genre de scène, par le soulagement du spectateur et le contraste entre l’invraisemblance de la solution trouvée par James Bond et la tension dramatique croissante de l’action, qui provoque le rire à tous les coups. Et le plus drôle dans les films de James Bond, c’est que, plus ils sont invraisemblables, plus on y croit.

vendredi 8 juin 2007

Gabs et gags

Les gabs étaient, à l’époque féodale, des plaisanteries de soldats et de chevaliers, des moqueries grossières, des vantardises extravagantes que se racontaient les guerriers dans les salles de festin, après les combats, pour mieux s’affirmer, pour dominer leurs peurs, se défouler et impressionner l’adversaire. Un espion grec présent dans l’entourage de Charlemagne n’avait-il pas cru avec effroi en toutes ces histoires abracadabrantes que se narraient l’empereur et ses chevaliers ? Ces gabs, tout en exagération et en fanfaronnades, qui étaient en un sens aussi des gags dignes des bandes dessinées les plus burlesques, ne donnaient pas dans la finesse et s’accompagnaient, on s’en doute, de rires de défiance et de supériorité bien gras et agressifs. C’était à qui avait réussi à fendre en deux d’un seul coup d’épée un ennemi et son cheval, à qui avait coupé à la vitesse de l’éclair les membres et la tête d’un adversaire, tous exploits qu’on retrouve à foison également dans les récits des chansons de geste.
Mais au fait, les gabs, sous une autre forme, ont-ils à notre époque complètement disparu des conversations masculines ?

lundi 4 juin 2007

Une guerre froide qui donne chaud

J’ai lu hier que des chercheurs russes auraient trouvé une technologie simple pour lutter contre le réchauffement climatique. Or on peut lire en titre du Monde d’aujourd’hui que Vladimir agite le spectre de la guerre froide. J’ai donc pensé tout naturellement que les chercheurs en question ne pouvaient être que Poutine et ses acolytes jusqu’à ce que je découvre dans l’article en question une phrase qui fait froid dans le dos prononcée par le maître du Kremlin disant que ses missiles transformeraient, le cas échéant, l’Europe en poudrière. On risque donc d’avoir chaud et même très chaud. Me voici guère rassuré. En tout cas le refroidissement climatique à la russe espéré, surtout avec la guerre froide, n’est pas pour demain.