Le rire des Cyniques
Ironie en paroles et en actes, provocations en tous genres, mépris des conventions sociales, transgression des principes et des idées reçues, culte des paradoxes, de la surenchère et du scandale, le rire agressif des philosophes cyniques, tente, sous couvert d’amoralisme, de ramener l’homme vers des valeurs authentiques et se donne par là-même un but moral. Voilà ce qu’écrit Vladimir Jankélévitch à leur propos : “Le cynisme est souvent un moralisme déçu et une extrême ironie… Le cynisme n’est autre chose qu’une ironie frénétique et qui s’amuse à choquer les philistins pour le plaisir… Le cynique joue le tout pour le tout : défiant morale et logique, il revendique hautement cela même qu’on lui reproche”
Exemple : Diogène de Sinope dit le Cynique (vers 410-vers 323 avant JC), l’homme dont la légende prétend qu’il vivait dans un tonneau, qui n’hésitait pas à se livrer à l’onanisme ou à faire ses besoins en public et qui, invité dans une maison luxueusement meublée, crache sur le visage de son hôte, après que celui-ci lui a demandé de ne pas cracher par terre, en lui criant que c’était le seul endroit sale qu’il eût trouvé et où il pût le faire.
Autre exemple (non présocratique) : Gainsbarre -je n’ai pas écrit Gainsbourg- qui, à côté de Diogène, passerait presque pour un enfant de chœur.
Mais sur le fond : Diogène-Gainsbarre, même combat !